Mercedes fait entrer Maybach dans le segment des monospaces de luxe pour la première fois
Mercedes-Benz a dévoilé un premier aperçu du Mercedes-Maybach VLS, le tout premier monospace Maybach de la marque. Sa présentation publique devrait très probablement avoir lieu au salon de Pékin, du 24 avril au 3 mai, ce qui souligne à quel point Stuttgart destine ce modèle au marché asiatique des véhicules de luxe avec chauffeur, particulièrement rentable.
Mercedes n’a presque rien montré dans ce teaser, et c’était manifestement le but. On y distingue un logo Maybach sur le montant arrière, une portion de vitrage latéral et un fragment de feu arrière. Le message reste pourtant limpide. La marque veut faire entrer Maybach dans un nouveau créneau, au-delà des berlines et des SUV, où les acheteurs accordent moins d’importance à une ligne de toit basse qu’à l’espace à bord, au confort des places arrière et à une expérience de voyage façon salon, au point que le trajet lui-même devient le produit. Mercedes présente ce nouveau venu comme une « Grand Limousine », qui associe espace, élégance et attention particulière aux passagers arrière.
Le Vision V avait déjà donné le ton.
La logique du VLS était déjà claire le 22 avril 2025, lorsque Mercedes a dévoilé le concept Vision V à Shanghai. Ce modèle montrait sans ambiguïté la direction prise. Mercedes ne travaillait pas sur une simple Classe V plus cossue. Le constructeur esquissait une toute nouvelle famille de vans électriques de luxe, avec un écran cinéma de 65 pouces surgissant du plancher, un système audio à 42 haut-parleurs, sept projecteurs et un habitacle arrière conçu comme un salon privé.
À l’époque, Mercedes avait aussi précisé que sa nouvelle architecture Van.EA scinderait la gamme en deux. Le VLE couvrirait la partie premium la plus polyvalente du marché, tandis que le VLS prendrait place tout en haut du portefeuille. Ce point est important, car il montre que le VLS n’est ni un projet annexe ni un simple exercice de style. Il s’inscrit dans une démarche délibérée visant à créer un nouveau centre de profit.
Une stratégie d’abord pensée pour la Chine prend tout son sens.
Cette stratégie devient plus facile à comprendre dès lors que l’on regarde la Chine. Reuters rapportait dès 2024 que Mercedes y voyait une demande en forte croissance pour les vans de luxe. Lors de la présentation du Vision V en 2025, Ola Källenius a souligné que ce segment offrait un potentiel majeur, non seulement en Chine, mais aussi à l’échelle mondiale.
Le contexte éclaire assez nettement cette décision. Mercedes a subi des pressions en Chine, avec des ventes de voitures particulières en baisse de 7 pour cent en 2024 et des ventes de vans en recul de 20 pour cent. Le repli s’est encore accentué au premier trimestre 2025. Dans ce contexte, un Maybach spacieux destiné à un usage avec chauffeur ouvre l’accès à un sous-segment plus rentable qu’une Classe V conventionnelle ne pourrait jamais l’être.
C’est aussi pour cela que le VLS apparaît davantage comme un nouveau type de vaisseau amiral que comme un monospace au sens traditionnel. Selon Autocar, Källenius a confirmé à Pékin, le 24 mars, qu’un VLS badgé Maybach était bien en préparation et qu’il viserait en priorité des monospaces de luxe comme le Lexus LM. Le même article indique que Mercedes prévoit de lancer la production du VLS standard d’ici la fin 2026, la version Maybach devant probablement suivre en 2027.
Tout cela traduit une évolution plus large de la définition du luxe. L’empattement et la puissance comptent toujours, bien sûr, mais les rituels d’accès à bord, l’intimité des places arrière, la mise en scène numérique et la possibilité d’utiliser la voiture comme bureau mobile ou salon privé deviennent tout aussi importants. Mercedes a manifestement constaté que l’ancienne formule de la voiture de direction n’a plus le monopole du prestige.
Si ne serait-ce que la moitié de l’habitacle spectaculaire du Vision V parvient jusqu’au modèle de série, le Mercedes-Maybach VLS pourrait devenir bien plus qu’un simple modèle de niche. Il pourrait marquer le moment où une marque premium européenne démontre que, sur le bon marché, l’espace pur peut être tout aussi désirable que la vitesse.