Lexus enterre discrètement son premier modèle électrique
Lexus a discrètement mis fin à la carrière de son premier modèle 100 % électrique, le UX 300e. Lancé en 2019, il devait incarner l’entrée confiante de la marque premium japonaise dans l’ère électrique. Finalement, il s’efface en rappelant que la technologie et le timing comptent autant que la volonté.
Le UX 300e n’a jamais vraiment trouvé son public. Les ventes sont restées modestes et, plus grave encore, le modèle n’a pas su suivre le rythme effréné des progrès en matière de batteries et d’infrastructures de recharge. Lexus fait donc table rase pour préparer une nouvelle génération de plateformes électriques dédiées.
Un compromis dès la conception
Le problème de fond vient de ses origines. Le UX 300e n’a pas été pensé comme un véhicule électrique pur. Il s’agissait d’une adaptation du UX thermique, ce qui a entraîné des contraintes physiques et pratiques inévitables.
L’intégration de la batterie a été limitée par l’architecture existante, réduisant la capacité et l’espace à bord. L’efficience en a pâti. Ce qui semblait être un raccourci raisonnable en 2019 s’est vite transformé en handicap, alors que les concurrents lançaient des plateformes 100 % électriques offrant plus d’autonomie, une recharge plus rapide et des aménagements plus flexibles.
Les standards de recharge n’ont rien arrangé. Tandis que l’Europe et les États-Unis adoptaient massivement le connecteur CCS2, le UX 300e persistait avec le CHAdeMO pour la charge rapide en courant continu. Trouver une borne compatible relevait parfois du parcours du combattant.
La batterie d’origine de 54,3 kWh offrait une autonomie réelle de 250 à 300 kilomètres selon le cycle WLTP. Suffisant pour la ville, mais guère rassurant pour les longs trajets. En 2023, Lexus a greffé une batterie de 72,8 kWh, améliorant l’autonomie sur le papier, mais entre-temps, des modèles comme la Tesla Model 3 ou la Hyundai Ioniq 5 avaient déjà redéfini les attentes en matière d’efficience et de vitesse de recharge.
Même après cette mise à jour, la recharge rapide restait limitée. Sur autoroute, les arrêts pouvaient s’éterniser bien plus que prévu. Dans un marché qui évolue à toute allure, cela a suffi à reléguer le UX 300e au second plan.
Cap sur l’ère RZ
La retraite du UX 300e ne marque pas un recul de Lexus sur l’électrique, bien au contraire. La marque concentre désormais ses efforts sur la gamme RZ, basée sur la plateforme e-TNGA conçue spécifiquement pour les véhicules électriques à batterie.
Les versions plus puissantes RZ 500e et 550e sont attendues pour 2026 et 2027, avec une nouvelle batterie de 77 kWh et une efficience accrue. Lexus prépare aussi une berline 100 % électrique, prévue pour 2027 et pressentie comme l’héritière spirituelle de la IS. Grâce à la nouvelle méthode de fabrication Gigacast, elle promettrait jusqu’à 1000 kilomètres d’autonomie, du moins selon les premières estimations.
Au sein de la famille UX, la vedette revient désormais au UX 300h hybride auto-rechargeable, bien plus populaire grâce à sa fiabilité et sa simplicité d’usage, deux qualités qui restent au cœur de l’ADN Lexus.
Lexus continue d’offrir une garantie de 10 ans sur les batteries de ses modèles électriques, de quoi rassurer les propriétaires actuels de UX 300e. Mais alors que ce premier essai électrique s’efface, il est difficile d’ignorer que sa valeur en occasion risque de chuter plus vite que celle des versions hybrides.
Tout constructeur a besoin d’un premier essai. Certains vieillissent bien, d’autres préparent le terrain pour mieux. Le UX 300e appartient sans conteste à la seconde catégorie.