Hyundai Palisade
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Le scandale des sièges mortels montre jusqu’où peut aller le danger de l’automatisation du confort

Auteur auto.pub | Publié le : 02.06.2026

Hyundai a interrompu la vente de certains Palisade 2026 en Amérique du Nord et rappelé des dizaines de milliers de véhicules après un drame survenu dans l’Ohio, où un enfant de deux ans est mort. Le problème concernait les sièges électriques des deuxième et troisième rangées, qui pouvaient ne pas détecter une personne ou un objet comme prévu.

Le problème se cachait dans l’automatisation des sièges

Selon le rapport de la NHTSA, les ensembles de sièges électriques des deuxième et troisième rangées peuvent ne pas réagir correctement lorsqu’ils entrent en contact avec une personne ou un objet. Le risque apparaît lorsque le conducteur ou un passager active la fonction de rabattement électrique, ou la fonction automatique de basculement et coulissement de la deuxième rangée qui ouvre l’accès à la troisième. Si le système ne détecte pas un obstacle, des blessures peuvent survenir.

Sur le plan technique, c’est un enseignement important. Un siège électrique n’est plus seulement un moteur de confort. Si un siège se déplace automatiquement, le système doit détecter un obstacle, limiter l’effort et s’arrêter avant qu’une personne ne se retrouve coincée dans le mécanisme. Le cas du Palisade montre que, dans un SUV familial, une fonction de confort en apparence anodine peut devenir un problème de sécurité aussi sérieux qu’un défaut de freinage ou d’airbag.

Il ne s’agit pas d’une rumeur, mais d’une campagne de sécurité officielle

Le rapport de rappel NHTSA 26V160 porte sur 61 093 véhicules aux États-Unis : 20 364 Palisade Hybrid et 40 729 Palisade à moteur essence. Selon Reuters, le total cumulé pour les États-Unis et le Canada atteignait 68 500 véhicules.

Les véhicules concernés sont les Hyundai Palisade et Palisade Hybrid du millésime 2026 en finitions Limited et Calligraphy. Ces versions recevaient des sièges électriques aux deuxième et troisième rangées, dont le rabattement automatique et la fonction d’accès en une pression à la troisième rangée devaient améliorer l’usage, mais ont au contraire introduit un risque de sécurité grave.

Hyundai connaissait des incidents antérieurs, mais a agi après le cas mortel

Selon la chronologie de la NHTSA, Hyundai a commencé à enquêter sur le problème en novembre 2025 après trois signalements impliquant les fonctions électriques des sièges de troisième rangée. En décembre, des informations sont arrivées sur deux cas examinés en Corée du Sud. En janvier et février, Hyundai a discuté de la logique du système et l’a comparée à des solutions similaires de marques concurrentes.

En mars, la situation a rapidement changé. Le document de la NHTSA indique que Hyundai a été informé le 9 mars 2026 d’un accident mortel dans l’Ohio pouvant avoir impliqué le mécanisme de la troisième rangée. Le 12 mars, l’entreprise a décidé de lancer une campagne de sécurité sur le marché américain. Au moment de cette décision, Hyundai comptait un signalement de décès et sept plaintes liées au fonctionnement de la troisième rangée, ainsi que quatre signalements de blessures mineures et 13 plaintes liées au fonctionnement de la deuxième rangée, sur 17 véhicules au total.

Une mise à jour logicielle a changé le fonctionnement des sièges

Hyundai n’a pas résolu le problème avec une nouvelle structure de siège, mais par logiciel. Selon les informations destinées aux propriétaires Hyundai, le rappel 296 comprend une mise à jour à distance avec cinq changements principaux : la fonction de rabattement complet des sièges ne fonctionne que lorsque le hayon est ouvert, les commandes de rabattement et de rangement ont été supprimées de l’écran central, les boutons des sièges et de l’espace de chargement exigent désormais un appui maintenu, la fonction d’accès de la deuxième rangée nécessite elle aussi un appui maintenu, et le système a reçu une logique de détection mise à jour.

Reuters a indiqué que Hyundai prévoyait de reprendre les ventes une fois la mise à jour prête en avril 2026. Les concessionnaires peuvent vendre les véhicules une fois la mise à jour logicielle installée sur les exemplaires déjà en stock.

La fonction de confort a perdu en praticité, et c’est précisément le but

Le détail le plus parlant n’est pas seulement l’amélioration de la détection des obstacles. Hyundai a aussi retiré une partie de la commodité de cette automatisation. Le rabattement en une pression est devenu une commande à appui maintenu, le déplacement des sièges depuis l’écran a disparu, et une fonction exige désormais que le hayon soit ouvert. Cela réduit le risque d’activation accidentelle.

C’est un compromis classique en ergonomie automobile. Plus un mécanisme devient puissant et automatique, plus il a besoin d’une barrière de sécurité physique ou comportementale. Avec un levier manuel lent, une personne sent immédiatement la résistance. Avec un moteur de siège électrique, ce rôle doit être assuré par le logiciel, les capteurs et la logique de fonctionnement.

La leçon dépasse le seul cas du Palisade

Le Palisade n’est pas aussi courant sur les routes européennes qu’aux États-Unis ou en Corée du Sud, mais l’affaire concerne tout de même directement les constructeurs et les acheteurs européens. Les grands SUV familiaux, les rangées de sièges électriques, les fonctions de confort pilotées par écran tactile et les mises à jour logicielles à distance deviennent aussi la norme ici. La question n’est plus de savoir si une voiture peut déplacer ses sièges. La question est de savoir si elle le fait de manière sûre, claire et avec un contrôle humain suffisant.

En Europe, des modèles comme le Kia EV9, le Volvo EX90, les grands SUV Mercedes-Benz, le BMW X7 et d’autres vendent luxe, espace et automatisation pour le même usage familial. Le cas Hyundai rappelle que les passagers de troisième rangée sont souvent des enfants. C’est précisément l’un des domaines où une fonction de confort ne peut pas reposer uniquement sur de bonnes intentions et sur l’idée que chacun se trouve du bon côté du siège au bon moment.

Le préjudice d’image pour Hyundai dépasse un simple rappel

Hyundai et Kia ont rapidement progressé ces dernières années grâce à la technologie, au design et au rapport valeur-prix. Le Palisade compte d’autant plus qu’il ne s’agit pas d’un modèle d’entrée de gamme bon marché, mais d’un grand SUV familial coûteux. Quand le problème, sur un tel véhicule, vient d’une fonction de confort conçue pour un usage familial, l’atteinte à l’image dépasse le seul défaut technique.

Dans le même temps, ce rappel montre aussi comment fonctionne aujourd’hui l’industrie automobile. Le problème est apparu, le constructeur a suspendu les ventes, un rappel officiel a été enregistré dans le système de la NHTSA, et une partie de la solution est arrivée via une mise à jour logicielle à distance. Rien de cela n’efface le drame, mais cela montre pourquoi des campagnes de sécurité ouvertes valent mieux que la poursuite discrète de la commercialisation de voitures présentant un risque connu.

Résumé technique

Le rappel NHTSA 26V160 concerne 61 093 Hyundai Palisade et Palisade Hybrid du millésime 2026 aux États-Unis.

Selon Reuters, le total combiné pour les États-Unis et le Canada atteignait 68 500 véhicules.

Les finitions concernées sont Limited et Calligraphy, équipées de sièges électriques aux deuxième et troisième rangées.

Le problème est que les sièges peuvent ne pas détecter comme prévu le contact avec une personne ou un objet pendant le rabattement automatique ou lors de la fonction d’accès à la deuxième rangée.

La correction consiste en une mise à jour logicielle à distance ou installée en concession, qui fait passer certaines fonctions des sièges à une commande par appui maintenu, supprime certaines commandes de l’écran et améliore la logique de détection.