BeyonCa GT Opus 1
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Le projet de voiture électrique de luxe d’un ancien dirigeant de Volkswagen s’est effondré avant le premier modèle de série

Auteur auto.pub | Publié le : 30.03.2026

La start-up chinoise de véhicules électriques de luxe BeyonCa a cessé ses activités, laissé des centaines de salariés sans salaire et pourrait désormais faire face à une bataille judiciaire, selon une lettre commune du personnel. La marque, fondée en 2021 par l’ancien cadre dirigeant du groupe Volkswagen Soh Weiming et l’ex-membre du directoire de VW AG Christian Klinger, bénéficiait du soutien stratégique de Renault et de Dongfeng. Elle n’a jamais atteint la production.

Le signal le plus clair de l’effondrement est venu des salariés eux-mêmes. Selon CarNewsChina, des employés actuels et anciens ont publié une lettre commune affirmant que l’entreprise avait totalement cessé ses activités. Ils indiquent que la direction n’a fourni aucune explication officielle, tandis que les salaires, les cotisations sociales, les versements au fonds logement et les remboursements de frais sont restés impayés. La lettre précise aussi que les employés sont prêts à défendre leurs droits en justice.

BeyonCa s’était lancée avec un récit ambitieux et une équipe dirigeante tout aussi ambitieuse. En 2022, l’entreprise dirigée par Soh Weiming a dévoilé un concept de voiture électrique de luxe doté d’un suivi de santé et d’un stationnement autonome, avec dans le viseur le haut du marché chinois dominé par Audi, BMW et Mercedes-Benz. La direction annonçait alors les premières livraisons du modèle de série pour 2024 et évoquait des volumes censés atteindre 100 000 voitures en quelques années. Selon CarNewsChina, ce premier modèle, la GT Opus 1 longue de 5,2 mètres, devait recevoir une batterie de 130 kWh et afficher un prix de départ d’environ 1 million de yuans, soit 127 000 euros.

BeyonCa a aussi cherché à asseoir sa crédibilité sur plusieurs fronts à la fois. Reuters rapportait en octobre 2023 que l’entreprise avait signé un protocole d’accord avec le groupe saoudien Al Faisaliah portant sur de potentielles opportunités d’investissement. En décembre de la même année, BeyonCa a signé un accord de coopération stratégique avec la ville de Zhuji. Puis, en juin 2024, Hong Kong Science and Technology Parks a indiqué que BeyonCa HK Limited prévoyait d’établir à Hong Kong son siège international et son usine d’assemblage. Sur le papier, le projet continuait d’avancer. Dans les faits, il n’a jamais franchi le cap délicat entre les présentations, la chaîne d’approvisionnement et une véritable ligne de production.

C’est précisément à ce stade que le marché chinois du véhicule électrique révèle souvent les faiblesses, sans beaucoup d’états d’âme. Aujourd’hui, ce marché récompense la taille critique, l’intégration verticale, les compétences logicielles et la discipline financière. Reuters a rapporté qu’en janvier, les autorités chinoises avaient demandé aux constructeurs d’éviter des guerres des prix désordonnées, tandis qu’une analyse plus large du marché montrait que 169 marques se disputaient leur place, mais que seules 14 dépassaient 2 % de part de marché. La même pression pèse aussi sur les grands acteurs. BYD a indiqué que son bénéfice 2025 avait reculé de 19 %, en invoquant la concurrence. BeyonCa voulait vendre une vision du luxe. Le marché exigeait une maîtrise industrielle complète, du développement produit à la fabrication en passant par la trésorerie.

C’est ce qui rend l’effondrement de l’entreprise plus instructif que spectaculaire. De grands noms, une équipe de design internationale et des communiqués bien léchés peuvent ouvrir des portes, mais ne suffisent pas à bâtir une marque automobile durable. Sur le marché chinois des véhicules électriques premium, le prochain gagnant devra développer la technologie, maîtriser les coûts et lancer la production à un rythme accepté par le marché, en même temps. BeyonCa est resté coincé au milieu de ce triangle, là où les ambitions les plus brillantes cessent généralement de l’être.