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BYD Fang Cheng Bao Leopard 5
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BYD inflige une leçon salée à un influenceur

Auteur auto.pub | Publié le : 23.01.2026

À l’ère des réseaux sociaux, beaucoup confondent liberté d’expression et droit de tordre la réalité, surtout pour quelques clics. Le géant chinois BYD vient de rappeler les règles du jeu en remportant un procès retentissant contre un blogueur qui a tenté de discréditer leur Leopard 5 avec un test de consommation « créatif ». Résultat : un précédent judiciaire où le mensonge coûte deux millions de yuans, soit environ 260 000 euros.

Le conflit a éclaté lorsque l’influenceur a publié une vidéo affirmant que la consommation du Leopard 5 atteignait un absurde 18 litres aux 100 kilomètres, alors que les chiffres officiels sont bien inférieurs. Les ingénieurs de BYD, sûrs de leur hybride rechargeable, n’ont pas répliqué par un simple communiqué : ils ont extrait les données télématiques du véhicule. Verdict sans appel : pour obtenir une telle inefficacité, le blogueur a roulé en permanence entre 150 et 180 km/h sur autoroute, enchaînant accélérations brutales et freinages violents. Ce style de conduite n’a rien de représentatif, il s’agissait d’un sabotage délibéré pour nuire à l’image du modèle.

Pour comprendre la réaction de BYD, il faut s’attarder sur la fiche technique du Leopard 5. Porte-étendard de la marque FangChengBao, il repose sur la plateforme DMO (Dual Mode Off-road) dédiée au tout-terrain. Oubliez les SUV de salon : ici, on parle d’un vrai franchisseur de plus de 650 chevaux, animé par un 1,5 litre essence et deux moteurs électriques. De quoi catapulter ce mastodonte à 100 km/h en 4,8 secondes, rivalisant avec bien des sportives.

L’accusation de 18 litres paraît d’autant plus grotesque que l’intelligence du système hybride est justement conçue pour limiter la consommation. Le Leopard 5 roule majoritairement en mode électrique, le moteur thermique ne servant qu’à recharger la batterie ou fournir un surcroît de puissance. Même batterie vide, la consommation officielle plafonne à 7,8 l/100 km. Même en tenant compte d’une circulation dense et d’une conduite agressive, l’écart avec le chiffre avancé par le blogueur est plus que doublé, preuve que le test était truqué.

Le tribunal a estimé que l’influenceur avait franchi la ligne rouge, passant de la critique à la diffamation, au détriment de la réputation et des intérêts commerciaux du constructeur. Outre l’amende colossale, le condamné devra publier des excuses publiques visibles sur ses réseaux pendant au moins 90 jours. Un avertissement clair à la cohorte d’« influenceurs » : les constructeurs ne laisseront plus salir des technologies développées à coups de milliards pour quelques vues virales.

Ce jugement inaugure une nouvelle ère dans les rapports entre l’industrie automobile et les médias, où la responsabilité des propos devient très concrète. BYD démontre que les marques chinoises savent désormais défendre leur image et leur propriété intellectuelle avec une précision chirurgicale. À l’avenir, ceux qui voudront critiquer la sobriété ou la fiabilité d’un modèle devront s’assurer que leurs données tiennent la route, même face à une assignation en bonne et due forme. La vérité peut faire mal, mais ici, le mensonge a coûté bien plus cher.