La Bugatti Destrier transforme la mécanique de 1 177 kW de la Bolide en un élégant modèle unique
Bugatti a dévoilé la Destrier, une hypercar unique qui associe la monocoque en fibre de carbone et le groupe motopropulseur W16 de 8,0 litres de la Bolide à une carrosserie entièrement nouvelle et à un habitacle bien plus luxueux. Haute d’à peine un mètre, la Destrier affiche la silhouette la plus basse jamais vue chez Bugatti et constitue la troisième création du Programme Solitaire de la marque.
La Destrier a été conçue autour d’une idée simple : libérer la Bolide des contraintes aérodynamiques d’une machine destinée à la piste afin de mettre en valeur ses proportions exceptionnellement basses et larges. Bugatti a fait bien plus que simplement habiller la Bolide d’une nouvelle carrosserie. La marque a utilisé la monocoque en fibre de carbone comme base d’une voiture au caractère entièrement différent.
Le Programme Solitaire permet à Bugatti de créer au maximum deux modèles uniques sur mesure par an. Le premier fut la Brouillard en 2025, suivie par la F.K.P. Hommage au début de 2026. La Destrier est la troisième création du programme.
Le W16 de la Bolide demeure
La Destrier conserve la monocoque en fibre de carbone et l’intégralité du groupe motopropulseur W16 de la Bolide. Son moteur 8,0 litres à quatre turbocompresseurs développe 1 600 ch, soit 1 177 kW, et représente le W16 au sommet de son développement.
Dans la Bolide, le moteur développe également 1 600 Nm, tandis que cette voiture réservée à la piste affiche un poids à sec de 1 450 kg. Bugatti n’a pas publié de chiffres équivalents concernant le poids, l’accélération ou la vitesse de pointe de la Destrier ; les performances de la Bolide ne peuvent donc pas être simplement transposées au nouveau modèle.
La Destrier répond également à une vocation fondamentalement différente. Là où la Bolide recourt à des éléments aérodynamiques extrêmes dans sa quête d’appui, la Destrier privilégie des proportions épurées et une forme sculpturale.
À peine un mètre de haut
Avec seulement un mètre de hauteur, la Destrier est la Bugatti la plus basse jamais créée. Elle repose sur des roues de 20 pouces à l’avant et de 21 pouces à l’arrière, nettement plus grandes que les roues de 18 pouces de la Bolide.
Bugatti a supprimé nombre des appendices aérodynamiques les plus visibles de la Bolide, sans pour autant renoncer à l’aérodynamique. À l’arrière, la Destrier adopte un aileron élégamment intégré qui rappelle la Chiron Profilée. Un séparateur avant et un diffuseur arrière subsistent, et leur fibre de carbone apparente est teintée pour s’accorder à la peinture sur mesure Sapphire Celeste.
La ligne en C emblématique de Bugatti a également été réinterprétée. Au lieu de courir sans interruption le long du flanc, elle s’interrompt juste avant le passage de roue avant, révélant la carrosserie en dessous, avant de se prolonger vers la calandre en fer à cheval. Celle-ci est plus large que celle de la Bolide.
La Type 57 comme référence historique
La Destrier ne repose pas techniquement sur la Type 57 des années 1930, mais Bugatti l’utilise comme parallèle historique.
Le châssis de la Type 57 servait de base aux voitures de course profilées Type 57G et Type 57C « Tank », ainsi qu’à l’élégante Type 57SC Atlantic. Les Tank ont remporté Le Mans au classement général en 1937 et 1939. Bugatti voit le même principe à l’œuvre avec la Bolide et la Destrier : une même base technique donnant naissance à deux voitures aux finalités totalement différentes.
Ce lien est renforcé par une plaque dédicacée, gravée au laser à la main au-dessus du pare-brise, qui représente la Type 57G Tank et la Type 57SC Atlantic. Le nom Destrier désigne le cheval de chevalier médiéval le plus fort et le plus noble. Le thème se poursuit dans le compartiment moteur, où les finitions en métal martelé évoquent une armure battue à la main.
Le cockpit de course de la Bolide devient un intérieur luxueux
L’habitacle de la Destrier s’éloigne encore davantage du cockpit dépouillé et axé sur la compétition de la Bolide que ne le fait son extérieur. Bugatti associe le cuir Ambre Voyageur et le nubuck à un textile sophistiqué tricoté en trois dimensions, parcouru de fins fils de cuivre.
La finition en métal martelé réapparaît sur la commande d’ouverture de porte, les aérateurs, le moyeu du volant et le seuil de porte. Bugatti a également ajouté l’emblème Destrier et la mention « 1/1 » sur le bouchon de remplissage d’huile, soulignant le caractère unique de la voiture.
La carrosserie est peinte en Sapphire Celeste, un bleu multicouche sur mesure développé spécialement pour cette voiture et son propriétaire. Bugatti associe cette couleur au châssis 57591 de la Type 57SC Atlantic, connue sous le nom de « Pope » Atlantic, qui était initialement bleue avant d’être repeinte en noir par la suite.
La Destrier privilégie la forme, pas les chronos
La Destrier illustre la véritable vocation du Programme Solitaire. Bugatti part d’une ingénierie existante exceptionnelle pour créer une carrosserie, un intérieur et un caractère entièrement nouveaux, adaptés à un seul propriétaire. La F.K.P. Hommage réinterprétait la Veyron ; la Destrier applique la même philosophie à la Bolide.
C’est pourquoi la vitesse de pointe et l’accélération ne sont pas ici les chiffres déterminants. Bugatti ne les a pas publiés. L’importance de la Destrier réside plutôt dans la manière dont une mécanique de 1 177 kW développée pour la piste a été transformée en une création sur mesure haute d’un mètre, dont l’attrait repose autant sur le dessin et le savoir-faire que sur les performances pures.
Bugatti présentera la Destrier lors de la Monterey Car Week 2026, qui culminera avec une apparition au Pebble Beach Concours d’Elegance le 16 août.