La BMW Série 7 restylée apporte la technologie Neue Klasse au luxe et fait du vaisseau amiral un produit centré sur le logiciel
BMW a dévoilé les Série 7 et i7 restylées avant le salon de Pékin, avec un lancement de la production prévu en juillet à l’usine de Dingolfing. Il ne s’agit pas d’un simple rafraîchissement de mi-carrière. La Série 7 devient le premier modèle de luxe de BMW à recevoir l’architecture numérique Neue Klasse, une nouvelle interface utilisateur et un habitacle repensé bien plus en profondeur que ne le laisse habituellement supposer un restylage.
BMW a volontairement limité les évolutions extérieures. Les ingénieurs et les designers ont revu la signature lumineuse, remodelé l’allure générale par le biais des boucliers et élargi les possibilités de personnalisation avec les finitions M Sport, M Sport Pro et BMW Individual. La peinture bicolore Dual Finish demande plus de 75 heures de travail en usine, ce qui en dit long sur la manière dont BMW positionne désormais cette voiture. Le constructeur mise autant sur l’artisanat et l’exclusivité que sur les chiffres bruts.
Le changement le plus important se trouve à bord. Le nouveau Panoramic iDrive affiche les informations sur toute la largeur de la base du pare-brise, avec en complément un écran central de 17,9 pouces et un écran passager de 14,6 pouces, que BMW annonce désormais de série. À l’arrière, l’écran BMW Theatre Screen de 31,3 pouces en 8K est reconduit, mais il gagne les appels vidéo Zoom, la commande tactile sur toute la surface d’affichage, davantage d’applications et la prise en charge du jeu vidéo. La Série 7 s’éloigne ainsi encore un peu plus de l’image traditionnelle de limousine à chauffeur pour se rapprocher d’un bureau de luxe mobile et d’un salon multimédia.
Une gamme de motorisations large, selon les régions
BMW conserve une offre de moteurs et de transmissions étendue, sans qu’elle soit identique sur tous les marchés. Les informations officielles pour les États-Unis confirment les 740 et 740 xDrive avec un six-cylindres en ligne de 400 ch, l’i7 50 xDrive de 455 ch et l’i7 60 xDrive de 544 ch, ainsi que l’hybride rechargeable 750e xDrive, dont la production doit démarrer au quatrième trimestre 2026 avec une puissance cumulée de 483 ch.
Les fiches techniques européennes ajoutent au moins deux autres versions à l’ensemble : la 740d xDrive de 313 ch et l’i7 M70 xDrive de 680 ch. Le message est assez clair. BMW maintient volontairement une stratégie multi-énergies pour son vaisseau amiral, afin de limiter le risque lié à la transition à un moment où la demande dans le luxe évolue à des rythmes très différents selon les régions.
Un modèle de transition appelé à jouer un rôle plus large
Sur le plan stratégique, cette voiture compte parce qu’elle joue un rôle de transition. BMW introduit d’abord dans la Série 7 les logiciels et l’électronique de la Neue Klasse, et non sur un modèle grand public. Selon la marque, la nouvelle plateforme électrique et électronique multiplie par vingt la puissance de calcul et réduit d’environ 30 % le poids du câblage.
Cela renvoie à une recette bien connue dans le premium, simplement remise au goût de l’ère du logiciel. BMW utilise un haut de gamme à forte marge pour lancer sur le marché sa technologie de prochaine génération en volumes maîtrisés, obtenir les premiers retours auprès d’une clientèle moins sensible aux prix et fiabiliser l’ensemble avant un déploiement plus large.
Le choix de Pékin pour les débuts n’a rien d’un hasard non plus. Reuters a indiqué que BMW cherche à stabiliser ses ventes en Chine en 2026 après une baisse de 12,5 % en 2025, et voit dans la Neue Klasse le socle du renouvellement de l’ensemble de sa gamme alors que la concurrence chinoise devient plus offensive sur le terrain technologique. Dans ce contexte, la mise à jour de la Série 7 ressemble moins à un restylage de routine d’une berline de luxe européenne qu’à un signal soigneusement adressé à l’acheteur premium chinois : BMW veut montrer que son vaisseau amiral n’est pas près de se laisser distancer sur le plan numérique par ses rivales locales axées sur la technologie.
Les prix manquent encore à l’appel
BMW n’a pas encore publié les tarifs officiels de la Série 7 restylée. Les informations produit pour l’Allemagne confirment l’ouverture des commandes des nouvelles 740 xDrive et i7 60 xDrive le 28 mai, tandis que les 750e xDrive, 740d xDrive et M760e xDrive suivront le 30 septembre, mais les prix n’apparaissent pas encore sur les pages officielles du modèle mis à jour.
Pour l’instant, le meilleur point de repère reste le tarif allemand actuel de la Série 7. L’i7 eDrive50 y débute à 115 900 euros, l’i7 xDrive60 à 140 100 euros, l’i7 M70 xDrive à 182 400 euros, la 750e xDrive à 128 100 euros, la M760e xDrive à 149 700 euros et la 740d xDrive à 119 900 euros.
Cette Série 7 remise à jour ne cherche pas à faire du bruit. Elle fait quelque chose de plus utile. Elle montre discrètement comment BMW compte faire fonctionner sa berline de luxe la plus traditionnelle comme un produit logiciel moderne, sans oublier que les clients de cette catégorie attendent toujours du cuir, du silence et une juste dose de mise en scène.