BMW i3 Neue Klasse, le pari du plaisir
BMW teste sa nouvelle berline électrique, l’i3, dans les conditions arctiques du nord de la Suède. La voiture revendique l’ADN de la Série 3 et s’inscrit au cœur de la stratégie électrique Neue Klasse de la marque. La communication évoque un supercalculateur « Heart of Joy » et un saut quantique en dynamique de conduite. On verra vite si la promesse tient la route ou si ce n’est qu’un slogan numérique, une fois l’auto livrée aux clients.
Autour d’Arjeplog, sur des lacs gelés et des pistes d’essais noyées sous la neige, les ingénieurs BMW font subir aux premiers prototypes de l’i3 basée sur la Neue Klasse leurs ultimes séances de torture hivernale.
La production de série est annoncée pour le second semestre 2026. D’ici là, le froid suédois reste un juge impitoyable, et BMW le sait depuis longtemps. La marque a fait de ces campagnes nordiques un rituel de mise au point, parce que la glace et la neige tassée offrent un terrain idéal pour comprendre comment l’antipatinage, l’ESP et les réglages de suspension se répondent quand l’adhérence frôle le néant.
Dans ce décor, les faiblesses logicielles remontent à la surface sans délai. Une voiture capable d’accélérer et de tourner de façon prévisible sur la glace a, en général, des systèmes électroniques mûrs pour la route « normale ».
Le « Heart of Joy », cerveau central
BMW promet avec cette i3 un vrai bond technologique. Sur le papier, la recette semble connue: nouvelle architecture électronique, logiciels plus rapides, et encore un calculateur central. Sauf que cette fois, la maison l’a baptisé « Heart of Joy ».
Derrière le vernis marketing, il s’agit d’un ordinateur de contrôle chargé d’orchestrer la chaîne de traction, le freinage, la direction et la récupération d’énergie. BMW annonce une réactivité jusqu’à dix fois supérieure à celle de ses solutions précédentes.
L’intérêt est concret: la répartition du couple des moteurs électriques gagne en finesse. En clair, l’antipatinage s’appuie de plus en plus sur la modulation directe des moteurs plutôt que sur des interventions par le freinage. Toute l’industrie des véhicules électriques glisse vers cette logique, parce qu’elle améliore à la fois le rendement et la douceur de conduite.
La Neue Klasse sous la carrosserie
Cette i3 s’inscrit dans la stratégie Neue Klasse, une architecture entièrement nouvelle dédiée aux électriques. La plateforme introduit un système électrique 800 volts et la sixième génération de la technologie eDrive de BMW.
La première déclinaison attendue sur le marché s’appelle i3 50 xDrive, avec transmission intégrale. Les chiffres préliminaires annoncés sont clairs: 345 kW, soit 469 ch, 645 Nm de couple, et une puissance de charge maximale pouvant atteindre 400 kW.
Dans cette configuration, BMW combine deux types de moteurs. À l’arrière, un moteur synchrone à excitation électrique. À l’avant, un moteur asynchrone. Selon la marque, ce duo vise un meilleur rendement tout en permettant une gestion du couple plus précise.
La joie selon BMW, la masse selon la physique
Le constructeur insiste: malgré l’électrification, la berline doit conserver le caractère routier d’une Série 3. Direction précise, comportement équilibré, confort sur longue distance, promet BMW.
Pour une berline électrique, l’ambition est élevée. Les grosses batteries imposent mécaniquement du poids, et aucun logiciel ne peut totalement faire oublier la masse. Voilà pourquoi les derniers réglages se jouent sur neige et glace. Dans ces conditions, les slogans ne valent pas grand-chose. La physique, elle, ne négocie pas.
Présentation en mars 2026
BMW prévoit de dévoiler le design de l’i3 le 18 mars 2026. Elle deviendra le deuxième modèle de la famille Neue Klasse, après le SUV électrique BMW iX3.
Si le calendrier est respecté, la production démarrera au second semestre 2026. Le vrai verdict sur la promesse de plaisir de conduite électrique tombera peu après, quand les premières voitures quitteront l’usine pour affronter des routes qui, elles, ne sont pas des pistes d’essai.