Bentley Bacalar
Fullscreen Image

Bentley Bacalar : la rareté ne fait plus recette

Auteur auto.pub | Publié le : 16.12.2025

La Bentley Bacalar, censée être le placement rêvé des collectionneurs, n’a pas tenu ses promesses. L’un des 12 exemplaires produits a été adjugé à Abu Dhabi pour un montant plus de deux fois inférieur à son prix d’origine. Le luxe demeure, mais la magie financière s’est évaporée.

Lors d’une vente RM Sotheby’s organisée pendant le week-end de Formule 1 à Abu Dhabi, une Bentley Bacalar a trouvé preneur pour 876 785 dollars, soit environ 806 000 euros. Cette voiture n’affichait que 1 131 kilomètres au compteur. À sa sortie en 2020, Bentley réclamait au moins 1,5 million de livres sterling, soit près de 2 millions de dollars. La perte dépasse donc la moitié de la mise de départ, sans appel.

L’exemplaire vendu, produit en 2021 et portant le numéro de série cinq, se distinguait par une configuration particulièrement soignée. La carrosserie arborait une teinte Memphis Red, tandis que l’habitacle associait un cuir crème à des touches bordeaux profond. Des inserts métalliques mats et des boiseries rares complétaient l’ensemble, Bentley restant fidèle à son habitude de ne pas trop s’étendre sur l’origine exacte du bois.

Sur le papier, l’objet tient du chef-d’œuvre artisanal. Dans la réalité, les collectionneurs sont restés à distance. Cette vente rappelle une évidence : la rareté ne suffit pas à garantir la valeur d’un investissement, même lorsque le blason pèse son poids d’histoire.

L’explication se trouve sans doute du côté de la technique. Si le design et la carrosserie sont signés Mulliner, la Bacalar repose sur la plateforme de la Continental GT. Un écrin luxueux, certes, mais loin d’être unique.

Sous le capot, on retrouve le W12 6,0 litres, associé à une boîte automatique à huit rapports et à la transmission intégrale. L’ensemble offre douceur et puissance, mais rien d’exclusif sur le plan technique. Au fond, l’acheteur a payé une fortune pour une base connue, simplement habillée d’un costume sur mesure.

Ce résultat d’enchères prouve que même les machines les plus rares et les plus chères doivent offrir davantage qu’un joli nom et une belle carrosserie. Faute de quoi, le marché tranche sans détour.